Ma volonté est que mes dessins,mes estampes, mes bibelots, mes livres enfin les choses d'art qui ont fait le bonheur de ma vie, n'aient pas la froide tombe d'un musée, et le regard béte du passant indifférent, et je demande qu'elles soient toutes éparpillées sous les coups de marteaux du commissaire priseur et que la jouissance que m'a procurée l'acquisition de chacune d'elles, soit redonnée, pour chacune d'elles, à un héritier de mes goûts. EDMOND DE GONCOURT

Edmond et Jules

Edmond et Jules

Edmond de Goncourt par Nadar

Edmond de Goncourt par Nadar

samedi 20 novembre 2010

Dédicace Renée Mauperin

Livre dédicacé par Edmond de Goncourt  sur une Oeuvre de Renée Mauperin de 1875 Editeur Alphonse Lemere


ce livre a été dédicacé pour Marcellin Desboutin (1823,1902)


vendredi 5 novembre 2010


JEUNE FEMME ACCROCHANT AU MUR UN CADRE
-Elle est vue de dos et se dresse sur la pointe du pied

Premier état, eau-forte pure _ Deuxième état; avec renforcement de l'ombre portée et des plis de la robe. Troisième état, publié dans la livraison complémentaire avec ces mots, gravés au burin dans le cadre: L'ART DU XVIII SIÈCLE.A gauche J.G, 60

D'après une sanguine de Fragonard, appartenant à Monsieur Sensier.



vendredi 29 octobre 2010

53 Boulevard de Montmorency à Auteuil

La maison des "Frères Goncourt" existe-telle toujours ?

oui, et quelle reconversion.

samedi 16 octobre 2010

Revue Illustrée du 15 avril 1888

Revue Illustrée du 15 avril 1888 N° 57

Edmond de Goncourt par GUSTAVE GEFFROY

Portrait de Guth
Gravé par Boileau


L a biographie d'un écrivain est surtout l'histoire des idées qu'il a eues et des livres qu'il a écrits. La remarque n'est pas d'aujourd'hui, ni même d'hier. Le lecteur qui sait lire à travers une oeuvre n'a pas besoin d'avoir à sa disposition un bien gros dossier supplémentaire pour renseigner sur la personne intime de celui qui a regardé les hommes et rêvé devant les choses. En ce qui concerne les Goncourt, l'observation est d'une absolue justesse. Si l'on veut savoir, d'une façon précise, quelle était la manière d'être de leur double individu, et quel décor d'existence matérielle a servi de fond au travail des collaborateurs artistes, on pourra, dans l'avenir , feuilleter les cahiers bourrés de documents et solliciter les souvenirs des contemporains. Mais si l'on veut connaître le plus intéressant, c'est-à-dire ce qui a été vu, ce qui a été aimé et détesté, ce qui a été pensé, quarante volumes sont là qui, ouverts, feuilletés, lus et relus, répondront à toutes les questions qui peuvent être faites à ces pages imprimées, d'une confidence si intime et d'une éloquence si hautaine.
S'il y a eu des sincères en littérature, c'est bien ce Jules de Goncourt, qui est parti, c'est bien Edmond de Goncourt, qui est resté. On chercherait en vain dans les pages tressaillantes qu'ils ont écrites une parole qui sonne le faux de l'hypocrisie, un mot qui soit l'indice d'une prudence. Ils ont eu, sans effort, tout naturellement, le goût de la bravoure intellectuelle, l'amour instinctif du vrai. L'attitude de leur caractère et la qualité de leur esprit se sont trouvées d'accord avec leur profession de littérateurs. Il n'était pas pour eux dans la vie de situation qui pût davantage favoriser l'avidité de curiosité et le besoin de tout dire qu'ils apportaient dans leur course d'observateurs à travers l'histoire, la société et la nature.
Aussi, ils ne cachent rien de ce qu'ils découvrent chez les autres, et ils révèlent tout sur eux-mêmes. Historiens, créant une nouvelle histoire avec tout ce qu'on laissé après eux les morts, le meuble, la défroque, le papier usé de l'autographe, le portrait pâli, ils sont comme les incapables commissaires-priseurs institués par la Postérité: ils relèguent au second plan leurs préférences, ils imposent silence à leurs regrets, et tout en montrant des sympathies et des compassions, ils font sonner, comme des coups de marteaux irrémédiables, les phrases de leurs conclusions, au-dessus des artistes et des financiers, des princes et des favorites. Romanciers, ils se représentent encore en représentant, dans d’inoubliables figures vivantes, les formes diverses que peut prendre la nervosité d'une époque; sans cesse ils vont au plus expressif, au plus aigu; leur analyse médicale s'insinue sous la guimpe de Soeur Philomène, pénètre dans l'âme mystique de Madame Gervaisais, incise et fouille dans tout le morbide de la littérature et de l'art, en Coriolis et en Demailly, anatomise le cerveau mercantile de Manette et la névrose bourgeoise de Renée Mauperin, devient l'instrument de la première étude peuple, de la vraie et pitoyable observation de l’hystérie, dans le beau livre initial qui raconte Germinie Lacerteux. Preneurs de notes, ils inscrivent comme les graphiques de leur intelligence dans les admirables Idées et Sensations qui aurait suffit à constituer une littérature nouvelle; là,plus encore que partout ailleurs, ils pensent tout haut, et leur rêverie, qui peut commencer pendant une promenade de collectionneurs et se complaire au charme d'un objet familier, peut aussi s’arrêter devant un visage, circuler devant une foule, s'envoler haut avec des cris tristes et ironiques, dans une région pessimiste où une gaieté cruelle alterne avec une mélancolie désabusée.
C'est à propos d'Edmond de Goncourt et d'un nouveau portrait de lui, que ces hâtives réflexions, où l'on trouvera peut-être une ressemblance morale approchante, ont été écrites. les noms des deux frères n'avaient pas à être séparés. Le survivant a-t-il fait autre chose que de continuer, seul, l'oeuvre entreprise à deux? L’enquête sociale, commencée avec Germinie, n'a-t-elle pas été poussée jusqu'au bout avec Élisa? Le détraquement artistique n'atteint-il pas son paroxysme avec la Faustin? L'accident survenu à l'un des Zenganno n'est-il pas hélas! l'équivalent symbolique de la maladie de Demailly? L'enfance de Chérie n'était-elle pas comme inscrite au programme d'études des romanciers de Renée Mauperin?
Oui, Edmond de Goncourt a su achever l'oeuvre commune. IL a su l'achever dans le même esprit, avec la même honnêteté littéraire, le même refus de concessions, qui marquent l'oeuvre tout entière. Il publiait hier ce Journal qui raconte deux nobles artistes désintéressés et vingt ans de littérature au jour le jour. il continuera demain, avec Germinie Lacerteux, la bataille théâtrale commencée avec Henriette Maréchal.



samedi 2 octobre 2010


REPRODUCTION DE LA MORT DE LOUIS CAPET,16me DU NOM, LE 21 JANVIER 1793

MONSIEUR GUILLOTIN
CE GRAND MÉDECIN
QUE L'AMOUR DU PROCHAIN
OCCUPE SANS FIN,
UN PAPIER EN MAIN,
S'AVANCE SOUDAIN,
PREND LA PAROLE ENFIN
ET D'UN AIR BÉNIN

.........................
EN RÊVANT A LA SOURDINE
J'AI FAIT UNE MACHINE,
TRALALA, LALALA, LALALA, LALALA,
QUI MET LES TÈTES A BAS.

C'EST UN COUP QUE L'ON REÇOIT,
AVANT QU'ON S'EN DOUTE;
A PEINE ON S'EN APERÇOIT,
CAR ON N'Y VOIT GOUTTE.
UN CERTAIN RESSORT CACHE,
TOUT A COUP ETANT LÂCHÉ,
FAIT TOMBER,BER, BER,
FAIT SAUTER,TER,TER,
FAIT TOMBER,
FAIT SAUTER,
FAIT VOLER LA TÈTE,
C'EST BIEN PLUS HONNÊTE.

Extrait du livre d'Edmond et Jules de Goncourt " LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE PENDANT LA RÉVOLUTION" DE 1889.

HISTOIRE DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE PENDANT LA RÉVOLUTION PAR EDMOND ET JULES DE GONCOURT DE 1889 SUR PAPIER DU JAPON TIRE DE CETTE EDITION EN 25 EXEMPLAIRES PAR LA MAISON QUANTIN




Ouvrage orné de nombreuse planches hors-texte.
Gravures. Héliogravures sous serpents. Gravures à double pages. Planches en couleurs à double pages par Lips, Berger, Prieur, Berthault, Lecoeur, Swebach.

La conversation en 1789. Les salons, la rue, le jeu.
La maison du Roi. La Bastille. Mort de Bordier. Le salon de peinture. Charles IX ou l'école des Rois. La tragédie nationale.
Le pain. Les lanternes. La milice nationale. Les armoiries. La livrée. Les paysans.
Mme et Mr Bailly. La fédération. Le mobilier. Les coulisses du Théâtre français.
Les duels. L'émigrette.
Mort de Mirabeau. Liberté des Théâtres. 35 théâtres à Paris.
Gros Louis et la fuite à Varennes. Les cafés. La patrie en danger.
Ruine du commerce. Le Vaudeville. La Commune.
Journaux. Caricatures.
Le 10 Août. Massacre de Suleau. Destruction des emblèmes royaux. Le calendrier. Roi et Reine au Temple.
Théâtre complice de la Terreur. Comédie française aux Madelonnettes.
Suppression de l'Académie de peinture. La femme. Les femmes de la Halle.
catéchismes révolutionnaires. Les tu et les vous.
Pompe funèbre de Marat. Marat.
La guillotine. Samson. La justice révolutionnaire.



dimanche 27 décembre 2009

Ballade des Goncourt (Nouv litt du 25/10/24)

Ballades des Goncourt

Les imberbes chéris des gynécées,
Les damoiseaux frais émoulus des cours:
Ceux de chez Pères, ceux des lycées;
Et les vieilles gardes sur le retour
" Jeunes" toujours à cent lunes passées,
Au son du luth, des fifres, des tambours,
Chantent vos gloires combien ressassées!
Pensant surtout à votre prix, Goncourt.

De toutes parts, une mobilisée,
Des bords de Seine aux rives de l'Adour,
La gent de plumes, d'aise pavoisée,
Exceptant un hasard propice et lourd
De moult choses bonnes et argentées,
S'agite, s'abandonnant tour à tour
A l'espoir, aux navrances désolées:
C'est que voici le temps du prix Goncourt.
Tous, ils sont là, les auteurs de l'année :
Les ravaudeurs de Proust; ceux qui sont pour
Zola ; les truc-istes ; ceux dont l'idée
Est d'écrire du nègre sans détour ;
Les disciples d'Ohnet - quelle _ curée!
Autour des Dix ou Huit font des m'amours
Car nous voici tout à l'heure à l'orée
Du temps où s'impartit le prix Goncourt.
Envoi
Prince, ne sens-tu pas une nausée
Devant cette gén...ectante cour
Soudaine et dédiant ses liliacées
Que pour impétrer l'or du Prix Goncourt.

FERNAND DEMEURE.


lundi 2 novembre 2009

Le Prix Goncourt 2009 a été attribué

lundi 2 novembre 2009
Le Prix Goncourt 2009 a été attribué
à Marie Ndiaye pour «Trois femmes puissantes», paru chez Gallimard
Marie Ndiaye, première femme à obtenir le Goncourt depuis 1998 a été couronnée au premier tour avec cinq voix contre deux à Jean-Philippe Toussaint pour "La vérité sur Marie" et une voix à Delphine de Vigan pour "Les heures souterraines."


L'académie Goncourt bénéficie du soutien de la Ville de Paris.

lundi 20 juillet 2009

La voix du président départagea les votants

Dans le fascicule "Vingt-cinq ans de Littérature Française Tome II Fascicule 2 par Léon Deffoux publié sous la direction de M.Eugène Monfort pages 52 et 53

L'article suivant est :

1912, 4 décembre.Pour la première fois, cette année-là, la voix du président départagea les votants, en vertu de cette disposition du testament qui veut, qu'en cas de partage, la voix du Président compte pour deux.
Au premier tour, MM. Julien Borda ( L'Ordination ) et Charles Vildrac (Découvertes) obtenaient chacun deux suffrages; six voix désignaient respectivement MM. André Savignon (Les Filles de la Pluie), Alexandre Mercereau (Les Contes des Ténèbres ), Charles Régismanset (Le Bienfaiteur de la Ville), Léon Cathlin (Un Prêtre) et Bernard Combette (Des Hommes).
Au second tour M.Savignon n'eut pas une mention ; M.Benda en obtint Quatre et Vildrac deux. Enfin, après plusieurs tours de scrutin, qui accordaient cinq voix à M.André Savignon et cinq à M.Julien Benda, M.Léon Hennique, Président, s'étant rangé du côté des partisans de M.Savignon (MM.Bourges, Daudet et les Rosny), celui-ci devint le dixième lauréat du prix Goncourt.
Il va sans dire que l'origine israélite de M.Julien Benda, patronné cependant par Péguy, lui avait fait le plus grand tort aux yeux de la droite de l'Assemblée (Léon Hennique, Léon Daudet, Mme Judith Gautier, J_H Rosny aîné, Elémir Bourges). Le résultat acquis, M.Léon Hennique éprouva tout ensemble une grande fatigue et le sentiment que sa qualité présidentielle l'obligeaient à des interventions trop décisives. L'auteur d'Un Caractèredémissionna et fut remplacé par M.Gustave Geffroy, Hommes de gauche.

samedi 4 avril 2009

Ex-libris Goncourt

Ex-libris d'Edmond et Jules de Goncourt fait par Gavarni à la pointe sèche pour la Bibliothèque des frères Goncourt.


samedi 21 mars 2009

COMOEDIA DU 24 SEPTEMBRE 1922

Une interview de J.-H. Rosny Jeune

 

A PROPOS DU JOURNAL DES GONCOURT

 

C’est à Coubert, où il possède une propriété, que nous avons pu joindre M. Rosny Jeune.

Nous sommes accueilli à la grille par deux superbes chiens-loups qui nous conduisent à la demeure de l’auteur de Francho-la-Belle.

  Le journal des Goncourt, nous dit-il, a été publié par Edmond de Goncourt lui-même de son vivant ; ce qui reste, ce n’est pas, comme le croit le public, la suite de ce qui a été édité, mais des découpures – Goncourt a expurgé la première édition de son Journal et ce qu’on nous demande de laisser paraître, c’est ce que lui même a écarté de la publication pour ne pas s’aliéner personne. Comment voulez-vous publier cela intégralement ? Edmond de Goncourt a été surpris par la mort et ‘a pas eu le temps de mettre ses papiers en ordre.

   «  Il a dit que son journal ne devrait être consulté et livré à l’impression qu’au bout de 20 ans. Il n’a pas voulu exprimer par-là que ce serait 20 ans exactement après sa mort, mais 20 ans au minimum et si lui-même, à la date  laquelle il a fait son testament, a estimé que 20ans seraient suffisants, nous pouvons, nous membres de l’Académie Goncourt, juger qu’il faut attendre 25 ans, 30 ans même après sa mort pour livrer son journal au public. Ceci, surtout après un événement no prévu par notre illustre maître, la guerre, qui nous impose une plus grande sensibilité à l’égard des familles. Nous interprétons le testament avec notre cœur ; les Goncourt, que nous connaissons mieux que ne les connaît le public, nous approuveraient : nous les aimons, nous veillons sur leur cher mémoire » Evidement, la publication nous serait d’un bon rapport, surtout avec la réclame qui a été faite, mais il faut publier tout ou rien : expurger l’édition ne serait pas respecter la volonté du mort.

 «  A défaut de sa publication, on pourra le consulter à la Bibliothèque Nationale.

  Croyez--vous qu’il ne sera pas publié ? »

M. J.-H. Rosny Jeune sourit énigmatiquement et se refuse à tout autre commentaire…    

-         JACQUES SCHNEIZER

Article provenant du Comoedia  du 24 septembre 1922

Portrait par Eugène Carrière

Portrait par Eugène Carrière de 1887

Sortie du "Journal des Goncourt"


dimanche 15 mars 2009

Pélagie

Deux femmes des Goncourt : la servante du " Grenier " et sa fille Blanche-Denise

 

Blanche-Denise, qui vient de mourir dans son village des Vosges. Blanche ? fille de Pélagie. Pélagie? La servante du " Grenier ". Il est parlé d'elle, pour la première fois, dans le Journal en 1870, à la page la plus poignante rédigée par Edmond, seul des deux frères :

Nuit de samedi (18 juin) à dimanche.

Il est 2 heures du matin. Me voici relevé et remplaçant Pélagie près du lit de mon pauvre et cher frère, qui n'a pas repris la parole...

...Le profil de Pélagie, penché sur un livre de prières...

C'est Pélagie qui le dit : "IL faut manger pour avoir des forces demain."

Et le 28, au retour de l'enterrement, le grand  veuf retrouvera, au milieu des lettres et des cartes de la première heure, les livres de prières de Pélagie.

Désormais, Pélagie représentera la femme au foyer. Les habitués du "Grenier" ne l'ont connue que vieillissante, vers 1890. En 1870, elle devait être vigoureuse !

23 septembre. - Pélagie, qui se vante de n'avoir jamais eu peur, déclare que cela lui semble la guerre pour rire. 

Et la guerre, la commune, Pélagie à Auteuil, pendant que Monsieur, les nerfs ébranlés, se réfugiera dans un hôtel de la rue de l'Arcade, où, le 24 mai 1871, elle lui apportera des "Gloire de Dijon", de ses rosiers, admirée et aidée des soldats, au milieu de la fusillade.

Elle gardait la maison, où tombaient les obus, couchant habillée, à la cave, avec l'argenterie prête à être emportée...

Pélagie ! qui avait mis Jules au linceul, maintenant devait trembler pour Edmond.

Samedi 25 novembre 1876. -Ce matin j'ai eu  un étourdissement, et si Pélagie ne m'avait pas pris à bras-le-corps et collé contre le mur, je serais tombé à terre.

Mais voici Pélagie malade.

18 décembre 1877. - Cette bronchite qui me calfeutre des semaines dans mon intérieur désolé, avec Pélagie au lit, d'un rhumatisme articulaire ; je comptais sur elle, pour me fermer les yeux. Est-ce que la pauvre fille la dernière des personnes qui me soient sérieusement attachées, est-ce que je vais la perdre, et rester seul, tout seul ?... Ce sont des journées toutes noires quand je demande à sa fille des nouvelles de la nuit ...

C'est la première fois qu'il est question de Blanche, qui va soulager bien peu sa mère, une pauvre fille chétive, quelque peu innocente.

Le 1er janvier se lève, comme dans un hôpital.

Au 8 mai 1880, ce sera " la petite " qui apporte la dépêche "Flaubert est mort." 

Voici les deux femmes à l'honneur, à l'Odéon, pour Henriette Maréchal. L'auteur a souper chez les Daudet :

2 mars 1885.- En entrant à 4 heures, Pélagie, qui se relève, me confirme le succès, disant qu’elle et sa fille ont craint que les troisièmes galeries, toutes remplies d’étudiants ne leur tombassent sur la tête, dans le délire des trépignements.

Maintenant, la maison s’anime des dimanches au Grenier. Mais, la semaine, le solitaire s’assombrit du spectacle de la maladie de la « fille de Pélagie », l’immobilisant sur une chaise, dans un affaissement d’idiote.

Nous reverrons Pélagie à l’Odéon : Le quartier est sens dessus dessous.

14 janvier.- tout le monde à Auteuil trouve notre pièce pas une chose propre…

N’importe. Pélagie est toujours sous les armes.

 

19 mars.- Je rentre, je trouve mes deux femmes dans l’émotion d’un assassinat commis la veille dans la ville …

-         La petite va se coucher…

-         Entendez-vous des pas …

-         C’est vrai. Donnez-moi la canne épée ; et ouvrez …

Pélagie entrebâille.

-         N’ayez pas peur, madame.

C’était trois agents de la Sûreté, qui, intrigués par les promenades de lumière dans la maison, avaient cru à une intrusion de voleurs.

Pélagie qui, appelle Monsieur, pour lui montrer « la chatte en contemplation devant une poterie japonaise ».

Pélagie qui, pour ne pas déranger Monsieur – à une jeune Roumaine pleurant de pouvoir revenir, et lui demandant quelque chose venant de M. de Goncourt, lui donne un crayon avec lequel elle tient son livre de cuisine …

      Blanche, la fille de Pélagie, la petite, la triste et maladive fillette, ne paraît que peu à l’index général de son nom : quand M. de Goncourt va la voir, à l’hôpital ; quand elle pleure pour suivre un cours d’infirmière, quand ( témoin à mon mariage ) il rentre après le dîner, et que Blanche lui crie : «  Le feu est à la maison … » Un feu de cheminée, qui a alerté tout le quartier, maintenant réduit.

      Médiocres incidents de cette existence de célibataire et de ses fidèles servantes au cœur simple .

      Sans doute, ce calme service n’eût pas convenu à nombre d’autres, comme on lit vers la fin du Journal :

      4 février 1894 .- La petite bonne qui a remplacé blanche un moment, disait : « Je vais chercher une place chez une cocotte. On y travaille peu, mange bien et on a la chance d’être emmenée au spectacle, aux bains de mer… » 

      en 1896, Pélagie et Blanche n’ont pu fermer les yeux du maître, décédé à Champrosay … Elles l’ont conduit au cimetière… Pélagie est partie ensuite, et dans ses Vosges natales, la dolente fillette vient de mourir, à plus de soixante ans , tout de même, sans avoir jamais été interviewée.

      Pélagie ! Blanche ! les pauvres !   qui n’ont pas eu la médaille des vieux serviteurs, mais que voilà perpétuées à l’ordre du jour du Journal.

      Blanche ! Pélagie, qu’auraient-elles pu dire, qui ont tenu le ménage de vieux garçon, servi leur monsieur seul, comme elles auraient servi un autre maître.

 

 

   Jean AJALBERT

De l’Académie Goncourt

Provenance l’article « Toute l’Ed » du 05 02 1938

 

 

dimanche 8 mars 2009

Gustave Flaubert

On a inauguré dimanche dernier, à Rouen, le monument élevé en l'honneur de Gustave Flaubert, l'auteur de Madame Bovary et de Salammbô.
Cet hommage rendu à l'un de nos plus illustres écrivains a été une véritable fête littéraire.
l'éloge de Flaubert, à la cérémonie d'inauguration du monument, a été prononcé par M. de Goncourt, qui a retracé la vie et l'oeuvre de celui qui fut le vrai maître  du roman contemporain et dont Emile Zola a dit : "J'ai aimé Flaubert de tout mon coeur, et il est resté mon culte, le culte même de la littérature".


Article provenant du journal " Le Petit Parisien du 30 novembre 1890"
Voir aussi "Le  Journal des Goncourt " tome huitième année 1895 page 179 à 187 pour le déroulement de cette journée

vendredi 27 février 2009

L'Esprit Français du 22 novembre 1929

EDMOND DE GONCOURT INTIME

 

 

C’est un souvenir. Après la répétition générale de la Fille Elisa mise en scène par Jean Ajalbert avec le beau succès durable que vous avez, le vieux maître et le futur membre de l’Académie Goncourt sortirent ensemble. Ils allèrent à la recherche d’un fiacre dans lequel M. de Goncourt reviendrait à sa maison d’Auteuil. L’auteur des Frères Zemganno exultait :

       -   Oh ! Vous allez souper… Non, je vous aurais gênés… Je ne peux pas dépasser minuit … Qu’aurait dit mon foie ?… Elles sont bien  «  vos filles » … Cette Marie coup de sabre, Gabrielle Fleury, maîtresse de Méténier ? Elle est charmante cette grande fleur mince à pâleur de lilas… Très dix-huitième… Ah ! comme l’on sait peu regarder… Tenez …

(Se retournant sur une belle de nuit, qui va d’un bec de gaz à l’autre sur le trottoir, où nous espérons la voiture)

-         Regardez cette taille, ce déhanchement canaille, un mot qu’il employait souvent il n’y a que Mme Bonnières qui ait cette sveltesse penchée…

-         Art, littérature, humanité -tout le temps –pendant que je ne songeai qu’à  « décoller », à rejoindre la bande…

-         Ah ! S’il n’y avait pas la v… Cette saleté de peur empêche tout … Elles sont très bien « vos filles »… Mais soyez prudent, mon petit. Et puis il faut travailler… que penseriez-vous d’une pièce avec « Madame Gervaisais » ?

Evidement, le vieux maître, ce vieux maître, ce soir-là aurait bien vu tirer une pièce d’Idées et Sensations.

 

 

Article paru dans «  L’Esprit Français du 22 novembre 1929 ».

jeudi 26 février 2009

Le Figaro du 03 janvier 1931

EDMOND de GONCOURT A.....?


Vers la fin de l'année 1891, la santé d'Edmond de Goncourt, presque septuagénaire, était très mauvaise: en septembre, il souffrait d'une crise hépatique ; en octobre, d'un rhumatisme intercostal ; au milieu de décembre, d'une fièvre. Le 19 décembre, il consigna dans son Journal les réflexions suivantes : "Ce matin tombe chez moi,envoyé par Daudet, Barié, le bras droit de Potain. Auscultation des plus complètes, où il me dit qu'il y a dans le dos bien des petites choses à gauche, pas tout à fait satisfaisantes, mais que les poumons sont en bon état et qu'il n'y a pas à craindre une fluxion de poitrine." C'est à propos de cette maladie que l'illustre romancier écrivit la lettre que nous reproduisons ci-dessous. A quel ami est-elle adressée ? On est réduit, malheureusement, aux conjectures.

Cher ami,

Mes regrets de ne pas vous avoir serré la main, mais vous avez bien fait de couarder, parce que l'influenza n'a rien de plaisant. Quant à moi, elle se présente sous la forme de la plus belle bronchite, et le médecin, après m'avoir, ce matin, retourné et écouté dans toutes les longitudes et latitudes, m'a dit qu'elle n'avait pas l'apparence mortelle... Ah ! ce déjeuner commandé dans le château des Pilules du Diable, ou que (sic) loge une fatalité comique..., Partez, faites des mois de soleil d'hiver, et revenez-nous des pays extravagants avec le sang d'un vertueux et des observations délicatement faisandées. Je ferai votre commission auprès de Daudet.

Amitiés.

Edmond de Goncourt

Le 21 décembre, le malade écrivit dans son Journal : "Jamais, je crois, je n'ai eu de faiblesse de tête et de corps ressemblant plus aux faiblesses qui précèdent la mort. Cependant, aujourd'hui il y a un peu de mieux." Et, huit jours plus tard : "Voilà tout près d'un mois que je n'ai mis le pied dehors, et je commence à avoir une envie de la marche dans les rues de Paris, du badaudage devant les étalages, de la poussée de certaines portes de marchands."



Article paru le 03 janvier dans Le Figaro 

Parution du "Paris soir du 11.02.1924"

Une opinion toute fraîche sur le journal posthume des Goncourt donnée par M. J.H Rosny aîné dans la naissance d'Occident:
"...Aucun éditeur n'oserait l'imprimer et l'osât-il, le livre ne tarderait pas à être étouffé sous des astreintes. La publication se trouverait donc arrêtée net. Nous le regrettons très vivement, car, je le répète, les droits d'auteur auraient pu grossir notablement le capital de l'Académie ..."
Un jour viendra où le miracle s'accomplira. Mais à une date des plus lointaines : "Il est probable que le jour où paraîtront les Mémoires des frères Goncourt, nous serons tous les dix dans le sépulcre", ajoute Rosny aîné. Quand à faire un triage ...."Goncourt ne nous y a pas autorisé...", écrit-il.



Article paru dans le journal "Paris Soir du 11 février 1924".

dimanche 22 février 2009

Une trouvaille « Le trésor d’un passionné »

DOSSIER ARCHIVES . JULES ET EDMOND DE GONCOURT

PHOTO PORTRAIT PEINT EUGENE CARRIERE. DESSIN B.BUFFET

 

Dossier Archives contenant :

 

- Une photo sur papier albuminé de l’époque collé sur un cartonnage rigide d’un portrait peint d’Eugène Carrière, en 1887.

 

- Le Déjeuner des Goncourt, extrait de Arts. Dessin de Bernard BUFFET au format de 27 x 21 (petit trou).

 

- Une revue (sans date, 1922) « l’Académie Goncourt, par Léon Deffoux », Tome II, Fascicule 2 : « 25 ans de Littérature Française », publiée sous la Direction de M. Eugène Monfort, tableau de la vie littéraire de 1895 à 1920.

Couverture souple, format 22 x 27, papier glacé, complète, de la page 33 à 64, illustrations, en très bon état.

 

- Une carte de l’Académie Goncourt et MM. Fasquelle et Flammarion éditeurs, prient Monsieur Gaston Picard de leur faire l’honneur d’assister à l’édition définitive du journal des Goncourt, cartonnage semi rigide au format de 9 x 11.

 

- Petite Chronologie du Testament et de l’Académie Goncourt.

4 pages non reliées du Mercure de France de 1918.

Avec le nom des Prix Goncourt de 1903 à 1917 et une continuation des dates écrites au crayon de bois.

 

- Causeries Françaises, « Les Goncourt » par J.-H. Rosny Aîné.

8ème Causerie faite au Cercle de la Librairie le 27 avril 1923.

Plaquette à la couverture souple, complète en 35 pages (pagination de 167 à 201), et en bon état.

 

- Un article découpé  « Les Goncourt journalistes », par Lucien Descaves.

 

- Un article découpé  « Opinion de J.-H. Rosny sur les Goncourt », Paris-Soir du 11.02.1924.

 

- 4 pages agrafées de « L’ami du Lettré » de 1925.

 

- Une page de journal du 17.12.1925 : «  Prix Goncourt - - Prix Fémina – Vie Heureuse ».

 

- Edmond de Goncourt intime, un article découpé dans « l’Esprit Français » du 22.11.1929.

 

- Ceux qui on eu le prix Goncourt, liste de 1903 jusqu’à 1926, extraite d’un journal.

 

- L’avenir de l’Académie Goncourt, Figaro 04.05.1929.

 

- Extraits d’articles de journaux des années 1920 à 1930 : 

- Les Mystères de l’Académie Goncourt, les préfaces et les manifestes des Goncourt, Pélagie (J. Ajalbert)
- Courrier littéraire Gaston Picard.

- En marge du Centenaire de Jules de Goncourt.

- A propos du journal des Goncourt. J.-H. Rosny Jeune.

- Chez les Goncourt.

- La table des Goncourt, décembre 1929.

 

- 8 pages agrafées du 10.02.1933 : « Les Goncourt et le journal », de Michel Puy.

 

- Sur les traces des « DIX », reportage par Marius Richard, une page de journal du 15.12.1934.

 

- Les Goncourt, Artistes et Collectionneurs », 10 pages extraites du « Livre et ses Amis » de  juillet 1946.

 

- Léo Larguier : l’Académie Goncourt. 3 pages agrafées extraites de la Revue Vivante II, premier trimestre 1949.

 

- 2 articles des années 1940.

 

- Le verdict des Bibliophiles, Arts, décembre 1953.

 

- La grande Pêche, dessin de Ben extrait des Nouvelles Littéraires de 1958.

 

- du côté des Goncourt (avec une reproduction photo du grenier).

 

- Les Goncourt et leur grenier.

 

- Les Frères Goncourt boulevardiers.

 

- 8 articles de journaux des années 1950.

 

- Environ une vingtaine d’articles des années 1980-90 sur les Goncourt.

 

 

Ensemble de documents originaux de l’époque en bon état. 





EDMOND DE GONCOURT

 

 

La mort du célèbre homme de lettres a été annoncée à la presse parisienne par une dépêche de M. Alphonse Daudet, chez lequel il se trouvait en villégiature depuis quelques jours. C’est dans la nuit du 16 juillet qu’il a succombé dans cette charmante propriété de Champrosay, où ses amis fidèles et dévoués lui ont prodigué les soins, et ont adouci ses dernières heures par les témoignages de la plus affectueuse sollicitude. La disparition si rapide de l’éminent écrivain a causé une émotion unanime dans le monde littéraire où le nom de Goncourt était particulièrement vénéré.

Edmond de Goncourt et son frère Jules, n’ont-ils pas été les initiateurs du mouvement naturaliste, en même temps que les historiens subtils des élégances du siècle passé, des plus charmants petits maîtres français ? Les Goncourt ont été aussi les premiers à appeler  la curiosité sur les formes et les œuvres de l’art de l’Extrême Orient.

Edmond- Louis- Antoine Huot de Goncourt petit-fils d’un député du tiers à l’assemblée nationale  de 1789, était né à Nancy, le 26 mai 1822 d’une vieille famille lorraine alliée à celle de M. Lefebvre de Béhaine , ex-ambassadeur de France au Vatican, et à celle de Villedeuil. Jusqu’en 1870, époque de la mort de Jules de Goncourt, qui était le cadet d’Edmond, la vie des deux frères est intimement liée et il est assez difficile de faire la part de ce qui revient à chacun d’eux.

Ils débutèrent dans les lettres en 1851, par un roman intitulé En 18…et qui passa à peu près inaperçu. De cette époque à 1860, se consacrant uniquement à l’étude du dix-huitième siècle, ils font paraître successivement : Histoire de la Société française pendant la Révolution et sous le Directoire ; Portraits intimes du dix-huitième siècle ; Sophie Arnould ; Histoire de Marie –Antoinette ; Les Maîtresses de Louis XV. Ils continuèrent plus tard cette série avec la Femme au dix-huitième siècle et les Actrices du dix-huitième siècle, et l’étendirent à l’art et aux artistes avec l’Art  du dix-huitième siècle et l’œuvre de Watteau.

Cependant, et avant de revenir, en 1860, au roman d’observation, les frères de Goncourt avaient publié encore :Le Salon de 1852, les Mystères des théâtres, la Lorette, la Révolution dans les mœurs, les Actrices, une Voiture de masques.

Avec les Hommes de lettres, réimprimés en 1869 sous le titre de Charles Demailly, commence la série de leurs romans d’observation appliquée aux mœurs et aux idées de ce temps. Ils y manifestèrent le même tempérament que dans leurs études d’histoires, curieux de menus faits, de détails. Aux Hommes de lettres succèdent Sœur Philomène, Renée Mauperin, Germinie Lacerteux, Manette Salomon, Madame Gervaisais (1869). Entre temps paraissait d’eux Idées et Sensations.

Jules de Goncourt meurt. Mais des notes recueillies par les deux frères devaient servir plus tard au survivant, à Edmond, pour la composition de la Fille Elisa, des Frères Zemganno , de la Faustin, de Chérie, de Gavarni, Pages retrouvées, tous livres publiés postérieurement à la mort de Jules et qui doivent cependant être rapportés à la période de collaboration des deux frères. A cette collaboration, on doit encore la pièce d’Henriette Maréchal, dont les représentations au Théâtre-Français (1865), donnèrent lieu à des scènes de tumulte qui furent souvent racontées.

En outre des œuvres précédemment citées on doit à Edmond de Goncourt seul la série, aujourd’hui presque achevée, du Journal des Goncourt, dont la publication retentissante a donné lieu à tant de controverses ; la Maison d’un artiste, Outamaro, premier volume d’une série sur l’art japonais. Au théâtre, Edmond de Goncourt a fait jouer, au Théâtre-Libre, la Patrie en danger, au même théâtre un autre acte politique A Bas le Progrès, à l’Odéon  un drame en dix tableaux tiré de Germinie Lacerteux et enfin tout récemment au Vaudeville un drame tiré de Manette Salomon. Il laissa quelques manuscrits de théâtre et des ébauches de romans.

 On sait, en outre, que M. Edmond de Goncourt a plusieurs fois manifesté son intention de laisser un legs destiné à l’institution d’une académie qui porterait le nom de Goncourt et où entreraient un certain nombre de littérateurs et d’artistes, ceux qui fréquentaient chez lui et venaient lui rendre visite dans le hall de la maison qu’il appelait « le grenier des Goncourt ».

L’ouverture du testament qui a eu lieu le 20 juillet chez M. Alphonse Daudet, à Champrosay, a donné connaissance des élus de cette académie que, fidèle à la promesse faite à son frère, E. de Goncourt crée afin de soutenir un art indépendant en aidant des jeunes gens de talent à se maintenir dans la dignité des lettres. Les hommes politiques, les grands seigneurs, les poètes et les fonctionnaires seront exclus de cette académie qui se composera jusqu’à nouvel ordre de huit membres remplaçables par extinction à la majorité des membres survivants. Ces membres sont : Alphonse Daudet, Léon Hennique, J.K. Huysmans, J. et H. Rosny, Octave  Mirbeau, Paul Marguerite, Gustave Geffroy. Celui des titulaires qui deviendrait membre de l’Académie française serait par le seul fait démissionnaire.

Un prix de cinq mille francs sera décerné tous les ans à l’auteur d’une œuvre d’imagination, roman, nouvelle, etc., à  l’exclusion des poètes.

Enfin, il y aura in dîner Goncourt, à vingt francs par tête – le défunt a lui-même fixé le prix. Ace dîner périodique ne prendront part que les académiciens.

 

OLIVIER MERSON

Provenance « Le Monde Illustré du 25 juillet 1896 page 53 et 54 »

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